Accueil du site > Passions de jardiniers > Biblio/ filmographie > Le livre noir de l’agriculture d’Isabelle Saporta

mardi 18 octobre 2011

Le livre noir de l’agriculture d’Isabelle Saporta

Lecture vivement recommandée par un adhérent de notre association et conseiller municipal à Marsannay : Jean-Michel Verpillot.

Le livre noir de l’agriculture
Isabelle Saporta, Librairie Arthème Fayard, 2011.
Ce livre est dédié à tous ces paysans qui aiment viscéralement la terre, leurs bêtes, et surtout les hommes.

Quelques extraits de ce livre :

"Vous souvenez-vous des Shadoks ? Ces étranges oiseaux qui passaient leur vie à pomper, pomper, pomper et à inventer des machines toujours plus absurdes pour résoudre leurs problèmes… Ridicules ? Et pourtant, les Shadoks, aujourd’hui, c’est nous, ou plutôt notre agriculture. Dépensière en eau et en pesticides, pollueuse, onéreuse, elle sacrifie les paysans et met leur santé et la nôtre en danger. Malgré son coût prohibitif – le budget de la politique agricole commune atteint 57 milliards d’euros en 2010, soit 44 % du budget de l’Union –, l’agriculture actuelle ne respecte ni le pacte social qui la lie aux paysans, ni le pacte environnemental qui la lie aux générations futures, ni même le pacte de santé publique qui la lie à nous tous. Les agriculteurs ne s’en sortent plus. Les ressources d’eau sont gaspillées, polluées. Nous retrouvons chaque jour dans nos assiettes notre dose de pesticides et autres résidus médicamenteux. La confiance est perdue. L’agriculteur est injustement voué aux gémonies, lui qui n’est que le bouc émissaire d’un système qu’il subit."

Un peu plus loin :

"Comme les porcs ont été parqués dans des espaces exigus et qu’ils échangent miasmes et maladies en tout genre, ils passent leur vie sous perfusion d’antibiotiques. C’est un fait, l’élevage concentrationnaire ne tient pas sans béquille médicamenteuse."

ou encore :

"De plus, comme on a éloigné les bêtes des prairies pour les concentrer dans des élevages hors sol, il a fallu trouver un moyen astucieux et peu onéreux de les nourrir toute l’année : le maïs. On avait simplement omis un petit détail : le maïs consomme une quantité d’eau astronomique. Pourquoi en a-t-on planté partout, alors ? Et surtout, comment se fait-il que les agriculteurs le trouvent si rentable ? Parce qu’il l’est, à partir du moment où ce ne sont pas les paysans qui paient la facture d’eau, mais nous, pauvres consommateurs. On paie notre nourriture et la facture d’eau nécessaire à sa production. Ce n’est pas tout. Le maïs ne va pas sans soja. Cette dépendance expose les revenus de nos agriculteurs aux aléas des marchés mondialisés et ruine les petits paysans du bout du monde, contraints de produire pour nos bêtes plutôt que pour nourrir leurs familles. Le régime maïs-soja que l’on sert à nos animaux de rente est truffé d’oméga 6 et manque cruellement d’oméga 3. Or ce déséquilibre est cause d’obésité et favorise cancers et maladies cardio-vasculaires. Après la facture alimentaire et écologique, le consommateur paie donc, au prix fort, la facture santé.
De la pomme aux tomates, du blé aux pommes de terre, tous les secteurs de l’agriculture, tout ce qui compose notre assiette est produit en dépit du bon sens. Au final, un agriculteur exsangue et désespéré, un consommateur suspicieux à raison, et une facture sociale, environnementale et de santé publique astronomique."

Revenir à la

Météo en Saint Urbain :


Rencontres à la croisée des chemins

Pourquoi les jardins de Saint Urbain doivent-ils être protégés ?

Aujourd’hui, c’est un non sens de bétonner et goudronner une terre vouée au maraîchage depuis des siècles et qui est toujours cultivée par des familles à la recherche d’une alimentation plus saine, moins coûteuse et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Cette terre de saint Urbain n’a jamais été aussi précieuse au moment où la ville tentaculaire se construit en étouffant la vie et où les décideurs cèdent aux promoteurs plutôt que d’être attentifs aux besoins des personnes, au moment où notre planète est en danger, la vie menacée, le monde déshumanisé... Se battre pour sauver Saint Urbain, c’est faire sa part de colibris, participer un peu à sauver ce qui peut encore l’être, à un éveil des consciences qui ne fait que commencer et qui permet à l’espoir de tracer son chemin vers l’avenir.